{"id":203606,"date":"2016-12-08T17:06:00","date_gmt":"2016-12-08T22:06:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/uncategorized\/lhyperhumanisme-contre-le-posthumanisme-article-revue.php"},"modified":"2016-12-08T17:06:00","modified_gmt":"2016-12-08T22:06:00","slug":"lhyperhumanisme-contre-le-posthumanisme-article-revue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/post-humanism\/lhyperhumanisme-contre-le-posthumanisme-article-revue.php","title":{"rendered":"Lhyperhumanisme contre le posthumanisme : article &#8211; Revue &#8230;"},"content":{"rendered":"<p><p>Un texte de Herv  Fisher  Dossier : Humanisme et  technique  Thmes : Humanisme,  Science, Socit, Technique  Numro :   vol. 6 no. 2 Printemps-t 2004  <\/p>\n<p>    Le fantasme du posthumanisme ne mrite pas la rfrence     lhumanisme quil invoque, car il en nie lide mme. Il nest    quun antihumanisme de plus, qui obit  la logique de la    technoscience pour nier ce qui est le propre de    lhumanit: son nigme dfinitive, sa fragilit, son    irrductibilit  la matire. Le posthumanisme est une ide    dingnieur en informatique, qui trouve son ordinateur plus    intelligent et meilleur que lui. Et cest triste  dire, mais    peut-tre a-t-il raison, tant cette vision tmoigne dune    navet et dune inculture philosophique navrantes.  <\/p>\n<p>    Faut-il mme citer ces noms de gourous vous  loubli,    dont les bestsellers daroport se vendent pourtant    bien sous couvertures gaufres? Soyons clairs: nous ne    serons jamais des cyborgs. Lintelligence artificielle na pas    grand-chose  voir avec lintelligence du cerveau humain. Lre    du silicium ne surpassera jamais lextraordinaire puissance de    cration et dadaptation de la biosphre modestement fonde sur    le carbone. La question ne mrite mme pas le temps dy    rpondre.  <\/p>\n<p>    Ce qui est plus intressant, cest danalyser    limaginaire social et les mythes qui resurgissent dans ce    phantasme de lge du numrique.  <\/p>\n<p>    Il semble que constamment les hommes aient imagin des    intelligences suprieures, quils ont le plus souvent    divinises, pour expliquer les origines et les finalits de la    vie, et quils se soient agenouills devant elles dans un    trange esprit de soumission. Ils ont ainsi dress des temples     la Nature, dote dune sagesse suprieure, aux dieux, puis     Dieu,  qui ils ont attribu la toute-puissance, incluant    lintelligence du vrai, du beau et du bien et lternit. Du    temps de Voltaire, Dieu est devenu un gnial horloger suisse,    aujourdhui Grand Informaticien de lternel, et la    technoscience semble dsormais ddie corps et me au    dchiffrage du Grand Algorithme de lUnivers. Le grand    Ordonnateur est devenu le Grand Ordinateur. Il est central,    omniprsent, il sait tout et dirige tout selon une sagesse    suprieure qui a inspir lironie dAldous Huxley et les    cauchemars de la science-fiction du type soap-opera de    tlvision.  <\/p>\n<p>    Il ne manquait plus que des ingnieurs lectroniciens de    pianos et quelques philosophes brumeux pour caresser nos    fantasmes de soumission dans le sens du poil et nous annoncer    les grands lendemains qui chantent  et dchanteraient  du    posthumain, sous la forme hybride dun eugnisme gntique ml    dinformatique plus rapide que la lumire.  <\/p>\n<p>    Comment peut-on saveugler  ce point avec une telle    dvotion  lutopie technologique numrique, au point de nier    lextraordinaire complexit et crativit de la vie biologique    et mentale? Tant de navet fera sourire avant peu. Et je suis    trop fascin par lextraordinaire aventure de lge du    numrique pour ne pas en dnoncer vigoureusement les dviances    aussi funestes. En comparaison, les utopies politiques du    xixe sicle sont des chefs-duvre dintelligence,    de prudence et de ralisme. Et nous savons ce quil en est    advenu  <\/p>\n<p>    Comment peut-on attendre toutes les solutions des vertus    de la vitesse de la pense, sur le modle de la cyberntique,    et renvoyer  un stade archaque et infrieur de lhumanit la    mditation philosophique, ncessairement lente?  <\/p>\n<p>    Il est vrai que lhomme a toujours tent dchapper  sa    biologie. Le chamanisme, la religion ont exalt son rapport     un monde suprieur, magique ou religieux, dont le lien mme le    valoriserait. Les croyances des socits archaques    attribuaient  chaque corps dhomme un esprit qui lui    survivrait et qui pourrait mme revenir tracasser les vivants.    Icare sest envol avec des ailes de cire et la chaleur du    Soleil la prcipit au sol. Les religions judo-chrtiennes    ont invent une audacieuse vision dun homme dot dune me qui    le relie directement  Dieu et qui lui permet de participer    ainsi de ltre de Dieu, au prix, videmment, dune    dvalorisation du corps renvoy  la matrialit triviale et    propice au pch. Linvention de lme tait ncessairement     ce prix, encore que ces religions aient conu aussi une    rsurrection finale des corps  limage de Dieu! La technologie    numrique nous est prsente aujourdhui comme un supplment de    puissance et dme du corps.  <\/p>\n<p>    Quant au corps, comment peut-on croire tout comprendre    des modes de reproduction de la vie, et vouloir en prendre le    contrle bio-informatique, alors que le dchiffrage du gnome    ne touche encore quun niveau trs superficiel de la vie? Nous    voyons bien que nous partageons presque la totalit du gnome    des chimpanzs, et pourtant nous notons quelques diffrences    despce qui relvent dautres complexits.  <\/p>\n<p>    Contrairement  la conception cartsienne de la    simplification, nous devons aujourdhui admettre que plus cest    simple, plus cest complexe et mystrieux. Ce nest pas avec le    langage a, c, t, g des acides nucliques, que    nous allons matriser un eugnisme prometteur, comme on    amliore les performances dun ordinateur chaque anne!  <\/p>\n<p>    Le fantasme mme des animaux-machines parat bien faible!    Pourtant cette chimre mi-chair, mi-lectronique des    cyborgs nest quune nouvelle dclinaison de cette ide    danimaux-machines. Devrions-nous y aspirer pour nous    surpasser? Ce serait le prochain stade dune rvolution    anthropologique vers laquelle nous conduirait la technoscience?    Allons donc!  entendre ce genre de vu, il faudrait    reconnatre que le progrs de lesprit humain demeure une    hypothse plus quincertaine  <\/p>\n<p>    Mais pourquoi ce fantasme de lanimal-machine? Quy    aurait-il donc de suprieur dans la machine, par rapport  la    chair vivante? Tant de dmarches de chercheurs scientifiques et    dartistes nous font rver aujourdhui non seulement    dintelligence artificielle, mais aussi de vie artificielle    considre comme un progrs! Il est vrai que la chair peut    faire souffrir, autant quelle peut faire jouir. Et nous sommes    soumis  langoisse de sa mort inluctable, alors que la    machine ne semble pas avoir dangoisse, nous donne des    satisfactions et des pouvoirs, est facilement rparable et    surtout, remplaable! En outre, le progrs de la machine est    incontestable, tandis que celui du corps humain est plus    incertain, malgr les avances de la mdecine qui en prolonge    le confort et la longvit. Je peux changer frquemment    dordinateur ou de tlphone mobile, pour un modle nouveau,    plus  la mode et plus puissant. Je change mes pneus de voiture    plus facilement que mes pieds La machine se remplace en    rajeunissant, tandis que le corps ne peut que vieillir. Voil    une immense diffrence qui,  bien y rflchir, peut me faire    envier inconsciemment la machine. Celle-ci, par sa propre    substitution, rajeunit et se perfectionne sans cesse. Si, par    lhybridit de la chair et de la machine, je pouvais participer     ce mouvement inverse de mon exprience de vieillissement, ne    serait-ce pas un immense progrs pour lespce humaine? Mieux,    je jette avec un certain plaisir la machine use ou dsute,    pour en acqurir une nouvelle, trs suprieure: voil une    exprience bien plus agrable  lesprit que celle de la    maladie, de la dgnrescence, de la mort et de lenterrement.    Et leffet est peut-tre double: car je survis  la    machine que je jette et remplace. Voil une apparence de    logique qui offre une grande sduction pour les esprits    simples.  <\/p>\n<p>    Et ce nest pas tout: la machine est lexpression    instrumentale de mon pouvoir. Les publicits dans les magazines    pour les derniers modles de tlphones mobiles le proclament     mes yeux admiratifs. Le nouveau Nokia 6600, qui a    mang un ordinateur, dit la pub, runit toutes    les fonctions en seulement 125g, qui tiennent dans ma    main comme un anneau magique: communication sans fil,    connexion Internet, messages crits, appareil photo et camra    vido numriques intgrs, information boursire, contrle    Bluetooth de tous les quipements domestiques de ma    maison intelligente, rception en streaming immdiat    de films, haut-parleurs mains libres, radioreprage pour ma    scurit, affichage en couleur du plan du quartier de la ville    o je cherche une adresse, album photo, agenda, jeux et    indicateurs dalerte sur ma sant physiologique et boursire.    Le modle Sharp offre la mme chose avec un cran couleur     haute dfinition, tandis que Orange lance le treo 600,    le premier mobile avec palm intgr et que Nec    invente la surf machine. Mieux: Siemens lance le    mc60 sexy rvolutionnaire. On me promet puissance    et plaisir. Si javale le tlphone mobile qui a aval un    ordinateur, un tlcopieur, un appareil photo et une camra    numrique, les atlas et plans des villes, etc., deviendrai-je    un cyborg puissant et heureux comme un demi-dieu?  <\/p>\n<p>    En faut-il plus pour tre convaincu que lhomme des    civilisations du Nord investit aujourdhui ses fantasmes de    puissance dans la miniaturisation lectronique, laquelle    prfigurerait lintgration de puces et de nanotechnologies    dans la chair mme du corps humain? Et  partir de cette    rverie, notre primate semble basculer volontiers dans lide    quil sera un humain suprieur en fusionnant avec la    machine.  <\/p>\n<p>    Le commerce y trouve son compte, mais lhumanisme et la    philosophie gure Jy vois plutt une rgression de    lintelligence et de la psych humaines. Un danger? Gure, tant    ce fantasme est infantile et inconsistant dun point de vue    raliste. Il nous distrait plutt de la conscience de nos    limites et de nos faiblesses. Qui na pas dj observ le    plaisir de ceux qui sadonnent pour quelques sous  des jeux    darcades et soudain se prennent pour des hros, parce quils    tuent sans relche sur lcran des monstres menaant comme    autant de sentiments de leur propre impuissance dans le monde    rel?  <\/p>\n<p>    Faut-il pour autant attribuer  la puissance de la    technoscience tous les maux du fait que nous y investissons    tant de fantasmes de pouvoir en raction  la mdiocrit    dclare de notre condition humaine? Certes pas: ce nest    pas la technique qui est en cause, mais bien la nature    rgressive de la psych humaine et les usages, bons ou mauvais,    que les hommes en font. Dans CyberPromthe, jai    analys de prs cet investissement imaginaire compensatoire que    nous oprons dans la technoscience, o nous cultivons    lillusion de dpasser nos limites et de complter notre tre    irrductiblement inachev. De la science occidentale, qui a    pris la relve de la religion, nous attendons donc    lintelligence de lUnivers; et de la technoscience, nous    pensons obtenir le pouvoir instrumental de procrer    lavenir de lespce humaine abandonne en cours de route par    Dieu. Et puisque Dieu nexiste plus, ce sont les Hommes qui    seront des dieux, grce  la technoscience. Voil un vieil    imaginaire qui a resurgi.  <\/p>\n<p>    Il faut dire que la voie semble libre    pour dcliner ces ides. Lhumanisme bourgeois est assez dsuet    et discrdit pour laisser surgir comme une nouvelle solution    ou un nouvel espoir la barbarie du posthumanisme. Certes, les    discours vertueux sur le principe    dhumanit ne peuvent plus    grand-chose pour nous, si lon en juge par les barbaries    modernes. Une pense anglique ne fait pas de mal, mais elle ne    constitue pas une analyse. Comment adapter notre vision de    lhumanit et comment caractriser nos valeurs dhumanisme     lge du numrique? Il semble que nous soyons assez dsesprs    des hommes et de la nature, au point de vouloir modliser un    ersatz magique.  <\/p>\n<p>    Au posthumanisme, nous prfrons opposer lide dun    hyperhumanisme. En sinspirant de la nouvelle logique des liens    qui semble fonder lpistmologie numrique des sciences    actuelles, nous pouvons tenter de repenser les liens humains,    la sociologie comme la psychologie. Le passage de lhumanisme     lhyperhumanisme signifie une volont commune dvolution du    culte bourgeois de lunicit diffrentielle  la clbration    des liens entre les hommes, de lexploitation agressive de la    nature  son respect, du conflit  la convivialit. Lhumanisme    classique se fondait sur le caractre unique et irrductible de    chaque tre humain. Et il a de fait cultiv lindividualisme    plus que lhumanisme. Ainsi cette conception moderne a-t-elle    abouti  lre du soupon et  lexistentialisme gocentr de    Sartre  qui prtendait pourtant en faire un humanisme!     affirmant: Lenfer, cest les autres.    Lhyperhumanisme, cest plutt la conception de lhomme de la    classe moyenne, conscient de son appartenance  la masse, et    des liens qui en associent les atomes, et qui la font plutt    agir et voluer comme un banc de poissons ou un vol de    perroquets, que comme des prdateurs solitaires. Et cest bien    dans le paradigme des statistiques, dans la manipulation    cyberntique, que la classe moyenne trouve son reflet, et non    plus dans le drame du thtre bourgeois ou du roman    psychologique stendhalien, qui cultivaient les    exceptions.  <\/p>\n<p>    Lhyperhumanisme ne sinscrit donc pas dans lespace    social par la confrontation,  la manire dun Rastignac face     Paris quil veut conqurir. Lhomme hyper sy    positionne plutt au carrefour des rseaux qui le traversent et    lintgrent. Et il est conscient de la multiplicit des espaces    et des temps sociaux auxquels il appartient. Il sait quil    volue dans lhybridit, dans un contexte ouvert, un agrgat de    beaucoup de mondes simultans, ventuellement discontinus,    ventuellement conflictuels ou incohrents entre eux.     lchelle de la plante, il semble aussi que le temps des    grands blocs politiques soit rvolu et laisse plutt place     une tendance  la fragmentation, quilibre par des zones    dinterdpendance conomique et institutionnelle.  <\/p>\n<p>    De faon gnrale, lhyperhumanisme ne tend plus  la    confrontation, mais plutt aux ensembles commerciaux,     lconomie communautaire, aux rseaux dchanges. Il ne    valorise pas la distance, mais bien le rapprochement, non pas    la monade individualiste, la solitude psychologique, mais bien    louverture et les liens interindividuels.  <\/p>\n<p>    Lhyperhumanisme marque le passage de la solitude  la    solidarit. Il affirme la valeur de linterdpendance entre les    hommes, entre les nations et entre les hommes et    lUnivers.  <\/p>\n<p>    Notre peur dune catastrophe finale apparemment    invitable  qui est la base du sentiment du tragique actuel     nous incite  chercher notre salut dans laccroissement dune    thique de la responsabilit partage. Le sens de la    responsabilit nat de la conscience des liens entre nous et    les autres, entre nos actes et leurs consquences.    Lhyperhumanisme entrane un degr lev de conscience de notre    implication humaine,  loppos de la drive gotiste ou    goste de lhumanisme classique, centr sur une certaine    exacerbation de lindividualisme. Toute responsabilit    individuelle bien comprise tend ncessairement  la conscience    de la responsabilit collective  laquelle elle est lie. Ce    sentiment de responsabilit nat de la conscience des    liens.  <\/p>\n<p>    Lhyperhumanisme que nous opposons au posthumanisme    implique donc plus dhumanisme et plus de conscience des liens    que nous partageons, donc plus de conscience de limportance    dune morale collective de la responsabilit.  <\/p>\n<\/p>\n<p>    Avec la monte en puissance de CyberPromthe, lavenir    nous parat paradoxalement de plus en plus imprvisible, voire    improbable. Nous jouons avec le feu numrique, alors que notre    psych humaine na fait aucun progrs depuis lge des    cavernes. Certains thoriciens ont mme pu prtendre quelle    avait rgress. Et beaucoup de populations aborignes en sont    convaincues, qui se dsolent de devoir frayer avec nous.  <\/p>\n<p>    Au moment o la science intgre le principe dincertitude    dans son paradigme pistmologique, il semble plus vident que    jamais quon ne peut sen remettre aux progrs exponentiels et    de plus en plus incontrlables de la technoscience comme  la    puissance et  la sagesse dune nouvelle religion.  <\/p>\n<p>    Puisque lespace et le temps semblent infinis et    multiples, le seul point fixe  et encore!  autour duquel on    puisse faire tourner lUnivers, cest lhomme, dans le respect    de sa diversit.  <\/p>\n<p>    Du point de vue de la religion, lhomme est au centre du    monde que Dieu  cr pour lui. Du point de vue de    lastronomie, Copernic a suggr et Galile a confirm que    cest le Soleil qui est au centre de lUnivers. Puis la mme    astronomie nous dit aujourdhui que le Soleil se situe dans une    galaxie banale aux confins dun Univers infini.  <\/p>\n<p>    Nous proposons un recentrage humaniste, l o Copernic    nous imposa de renoncer au gocentrisme. La querelle que nous    faisons  Copernic et  Galile, nous la concevons dans le mme    esprit qui opposa Gthe  Newton. Newton avait  coup sr    raison du point de vue de loptique physique. Mais il    ngligeait au nom de loptique lessentiel de la relation    humaine aux couleurs, symbolique, subjective, vitaliste,    sentimentale, y compris jusque dans ses illusions, plus vraies    que la physique du prisme.  <\/p>\n<p>    Aprs Galile, Darwin a achev cette entreprise de    dsenchantement du rel en nous situant dans une chane    volutionniste, qui nous fait descendre des batraciens, voire    des bactries. Il fallait trouver le chanon    manquant entre le singe et lhomme! On sait aujourdhui,    si je puis dire, que lhomme est descendu de larbre, mais pas    du singe  <\/p>\n<p>    La modernit, ce fut laffirmation de la solitude de    lhomme dans lUnivers, spar de la nature et abandonn dans    les marges. Et voil que les prophtes daujourdhui annoncent    la fin de lhumain et lavnement des cyborgs! Cest assurment    trop!  <\/p>\n<p>    Du point de vue de lpistmologie actuelle, nous devons    tourner le dos  la rvolution copernicienne. Il faut plutt    rtablir lhumanit au centre de lUnivers, car tout ce que    nous savons de lUnivers dpend des liens que lhumanit a    tabli avec lui. Mis  part un big crash    apocalyptique, tout ce qui adviendra de lhumanit dpendra de    lhumanit. Et cest bien l que se situe    lhyperhumanisme.  <\/p>\n<p>    Du point de vue du temps, puisque nous vivons  nouveau    dans un temps vertical, qui semble tenir en quilibre comme une    toupie qui tournoie sur elle-mme  comme la Terre, et jusqu    un certain point, comme llectron (spin)! , sans    capacit de prvoir les changements, et mme dans une multitude    de temps verticaux simultans, cest encore et toujours    lhomme, la diversit actuelle des hommes, qui apparat comme    le pivot du temps, sa mesure et la source de la multiplicit de    sens quelle lui confre.  <\/p>\n<p>    Puisque selon lastrophysique actuelle lUnivers na pas    de centre, la rvolution copernicienne tombe dans le non-sens.    De quelque ct quon regarde, il est donc ncessaire de nous    considrer  nouveau, nous, tres humains, comme le centre de    cet Univers alinant, de rtablir notre place dominante au cur    de cet Univers qui de toute faon, en dclinant  lenvers une    expression clbre, na nul autre centre que nous-mmes, nulle    autre circonfrence que celle de lesprit humain.  <\/p>\n<p>    Lhypothse de Copernic et les calculs de Galile taient    courageux. Astronomiquement, leur vision tait correcte,    certes, mais lastronomie est une science antihumaniste. Elle    dvalorise lhomme et le dresponsabilise ou laline dans une    vision dsesprante. Galile a interprt lUnivers en le    considrant  lenvers, comme un mcanisme optique. Il faut    reconnatre que Galile a contribu  une libration de    lesprit face  lalination religieuse, mais ce fait tant    aujourdhui acquis et vers  son crdit, il est temps de    ractiver une vision anti-galilenne, de sengager dans une    inversion de la rvolution copernicienne, qui se limitait au    champ de lastrophysique, alors quil nous faut considrer une    cosmologie humaine. Ce fut le premier principe de lhumanisme,    tel qunonc par Marsile Ficin et Pic de la Mirandole  la    Renaissance. Mais  quoi nous a servi de nous tre librs de    lanimisme, puis de la croyance en Dieu, si ce fut pour    retomber dans une nouvelle alination, astrophysique cette    fois? Lglise affirmait, en accord avec la Gense,    que lhomme a reu de Dieu le commandement de dominer la nature    et non dtre domin par elle, de soumettre la terre et    dominer les animaux. La thorie copernicienne tait donc    hrtique. Et dailleurs, nest-ce pas ce commandement qua    raffirm Descartes aprs Francis Bacon et que proclame la    technoscience actuelle?  <\/p>\n<p>    Cest sur cette Terre que nous    habitons lUnivers. Pour nous, cet Univers ne sera jamais rien    sans lhomme,  moins que nous y dcouvrions quelque part un    jour une autre forme de vie et dintelligence gale ou    suprieure  la ntre, ce qui changerait totalement notre    conscience et crerait une nouvelle cosmogonie. En attendant,    lhumanit est le centre de lUnivers.  loppos du paradigme    copernicien, il faut rtablir lhomme au cur de    lpistm    dont il est lunique sujet et    instrument.  <\/p>\n<p>    La plante devient hyper. Mais doit-on se rsoudre     transformer lhomme en simple point nodal dintersection dans    des rseaux et  aplatir  ce point la psych? Le marxisme    avait ni lhomme au nom des classes sociales et des processus    historiques; Althusser a labor un structuralisme marxiste    intenable, excluant en dernire instance toute libert    individuelle. Nous avons renonc  ces ides. Serait-ce pour    les reprendre selon une nouvelle mtaphore, avec les mmes abus    de pense et risques dalination, en levant les rseaux    numriques au niveau de nouveaux dieux et en niant lhomme?    Comment ne pas percevoir dans cette ide de fragmentation    rhizomique de ltre humain un antihumanisme possible, qui nous    invite  miser dautant plus sur les liens constructifs de    solidarit et de responsabilit de lhyperhumanisme? Dautant    plus que la surface, mme en rhizome, nexiste pas plus que la    profondeur. Ce ne sont que deux mtaphores opposes! Les    interrelations humaines ne spuisent pas en images spatiales,    quelles soient de surface ou de profondeur. Reconnaissons    limportance des connexions, mais redonnons aussi aux    intriorits et aux autonomies individuelles le rle actif,    constitutif qui est le leur, sans se voiler la face au    nom dun nouveau structuralisme numrique    dsesprant.  <\/p>\n<p>    Lhyperhumanisme nest conciliable ni avec un Althusser,    ni avec un Lvi-Strauss du numrique, ni avec aucune hypostase    ou rification des processus, des structures ou des changes,    qui ne sont, l encore, que des mtaphores dont il faut faire    un usage prudent.  <\/p>\n<p>    Si nous proposons de replacer lhomme  la place qui est    la sienne, au centre de lUnivers, ce nest pas pour lmietter    en fragments lectroniques dans des rseaux numriques! Il faut    trouver le point dquilibre entre les liens et les autonomies    qui caractrisent chacun de nous. Cest, comme toujours, dans    la complexit que nat la cration individuelle et le mouvement    social.  <\/p>\n<p>    Pourtant, en nous librant des alinations religieuses et    politiques, sans nous soumettre  lalination de lutopie de    la technoscience, nous pourrions redcouvrir notre libert    cyberpromthenne de procrateurs de notre univers.    Lhyperhumanisme, ce pourrait tre aussi ce renforcement de    notre conscience et de notre volont de choisir notre avenir,    de donner un sens humain  lUnivers en assumant les risques de    la technoscience, les risques de notre libert nouvelle, et en    construisant une thique collective capable dassurer notre    scurit et notre progrs sur la base non plus de la lutte    entre les individus et les peuples, mais de la solidarit (des    liens) entre les hommes et dun sens plus lev de nos    responsabilits.  <\/p>\n<p>    Ne nous y trompons pas: lthique passe avant la    logique de la technoscience. Sinon, o allons-nous? LUnivers    perd tout sens. Lhyperhumanisme, cest laffirmation de    limportance dune thique de la responsabilit plantaire, qui    est devenue la condition de notre avenir, de notre survie, et    le moteur possible de notre volution, bien davantage que la    technoscience. Mais malheureusement, la technoscience est    beaucoup plus puissante que lthique et risque den venir     bout, si nous ny prtons garde. Nest-ce pas dj devenu un    constat quotidien? Le dbat sur le clonage, sur la manipulation    des gnes ou des cellules souches, la rsolution des conflits    par la violence guerrire ne donnent-ils pas constamment la    prsance aux logiques de la science et de la technologie sur    les valeurs thiques les plus fondamentales?  <\/p>\n<p>    Les morales individuelles, religieuses ou civiles ne    suffiront pas  contenir les puissantes tendances  la    catastrophe humaine qui sont en germe dans ce contexte nouveau.    Nous avons besoin dsormais dune morale plantaire    interculturelle, une charte universelle hyperhumaniste, qui    dicte des codes de conduite collective, tatique et    internationale ad minima, au nom de laquelle une    institution internationale puisse intervenir pour interdire des    pratiques scientifiques mettant en danger les valeurs de la    vie, des pratiques de cybersurveillance contredisant les droits    et liberts humains, des actions industrielles susceptibles de    ruiner les quilibres cologiques dont nous dpendons tous    globalement, des actions armes, violentes, menaant des    populations avec des armes de destruction massive    miniaturises. Le respect de la vie, de lenvironnement, de la    libert, de la dmocratie et de la paix, la raffirmation    juridique de droits humains intangibles et imprescriptibles,    sont des valeurs universelles minimales qui ne peuvent tre    mises en cause sans que toute la plante en soit    menace.  <\/p>\n<p>    Mais attention: une thique plantaire ne saurait    reposer sur une culture plantaire uniformise. Cette thique    plantaire est ncessairement globale, mais ne peut se fonder    que sur le respect des consensus locaux et des diversits    culturelles. Les hommes et les socits doivent    sentendre sur un commun dnominateur minimal de survie de tous    par un abandon mesur, mais ncessaire, dun fragment de la    souverainet de chacun. On ne fera pas ici de discours moraux!    On parlera seulement selon les exigences de linstinct de    survie que nous sommes bien obligs de partager dsormais!    Cest la mme problmatique,  lchelle plantaire, dun    quilibre entre les droits et les liberts, que nous    recherchons constamment  lchelle locale et sociale. En ce    troisime millnaire, cette recherche est devenue un    incontournable, mais aussi un redoutable dfi, dans la mesure    o cette recherche dun consensus traverse des diversits    culturelles et identitaires complexes et doit acqurir une    lgitimit plantaire permettant un autre incontournable:    la ncessit darmer cette thique pour obtenir quelle soit    respecte, comme toute morale sociale lmentaire. (Nous ne    parlons videmment pas ici des morales individuelles qui,    elles, sont dun tout autre ordre.) Le mpris de lonu, des    accords internationaux comme celui de Kyoto, ou de    linstitution dune cour pnale internationale exprim par les    tats-Unis sous le rgne de Bush fils, qui prtendraient rgir    le monde selon leur seule volont impriale, donne bien la    mesure de la difficult de ce projet pourtant essentiel pour    lavenir de lhumanit. Il semble que nous soyons encore dans    un ge primitif de lhumanit, alors que nous disposons dun    pouvoir technologique qui crot exponentiellement. Nous sommes     lre de tous les dangers.  <\/p>\n<p>    Herv    Fischer*  <\/p>\n<p>    NOTES  <\/p>\n<p>      * Artiste-philosophe,      Herv Fischer a publi Mythanalyse du futur (2000, disponible sur le site      <a href=\"http:\/\/www.hervefischer.ca\" rel=\"nofollow\">http:\/\/www.hervefischer.ca<\/a>), Le choc du      numrique (Montral,      vlb,      2001), Le romantisme      numrique (Saint-Laurent,      Fides, 2002), CyberPromthe (Montral, vlb, 2003) et      La plante hyper. De la pense      linaire  la pense en arabesque (Montral, vlb, 2004), o il prsente      sa thse sur lhyperhumanisme et lthique de la      responsabilit  lge du numrique.    <\/p>\n<\/p>\n<p>        Retour en haut<\/p>\n<p><!-- Auto Generated --><\/p>\n<p>The rest is here:<\/p>\n<p><a target=\"_blank\" rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/www.revueargument.ca\/article\/2004-03-01\/272-lhyperhumanisme-contre-le-posthumanisme.html\" title=\"Lhyperhumanisme contre le posthumanisme : article - Revue ...\">Lhyperhumanisme contre le posthumanisme : article - Revue ...<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Un texte de Herv Fisher Dossier : Humanisme et technique Thmes : Humanisme, Science, Socit, Technique Numro : vol. 6 no. 2 Printemps-t 2004 Le fantasme du posthumanisme ne mrite pas la rfrence lhumanisme quil invoque, car il en nie lide mme.  <a href=\"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/post-humanism\/lhyperhumanisme-contre-le-posthumanisme-article-revue.php\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"limit_modified_date":"","last_modified_date":"","_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","footnotes":""},"categories":[388394],"tags":[],"class_list":["post-203606","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-post-humanism"],"modified_by":null,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203606"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=203606"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/203606\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=203606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=203606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.euvolution.com\/futurist-transhuman-news-blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=203606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}